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La perte d'autonomie

La perte d'autonomie d'un parent âgé surgit souvent sur le mode de la crise : chute, maladie, pertes de mémoire...

Parfois, cet événement a été précédé de signes avant coureurs. La crise se produit parce qu'ils n'ont pas été décryptés à temps. Voici quelques uns de ces signes qui, bien interprétés, auraient pu éviter angoisse et désarroi :

Une alimentation désordonnée

Les personnes âgées, surtout si elles vivent seules, peuvent progressivement perdre goût à préparer leurs repas et à s'alimenter de manière équilibrée. Si leurs achats alimentaires se révèlent désordonnés, et l'utilisation des instruments de cuisine habituels de plus en plus difficile, alors il faut, en toute sérénité, analyser ensemble la situation, faire l'inventaire des solutions existantes et de la faisabilité de leur mise en place : Intervention d'aides - familiales ou professionnelles - à domicile, accueil de jour, hébergement familial ou institutionnel.

Un courrier jamais ouvert et les factures qui s'entassent

Une vision déficiente, des troubles de la mémoire, une incapacité progressive à remplir manuellement des chèques ou à rédiger des lettres expliquent les factures impayées, des chèques retournés parce que illisibles. Parfois bénins, ces problèmes peuvent également être les prémices d'une évolution plus sérieuse vers des troubles mentaux, voire la maladie d'Alzheimer.

Une mémoire qui flanche

Nombre de personnes âgées vivent avec le souvenir limpide d'événements vieux de quarante années mais peinent à se rappeler ce qu'elles ont mangé la veille au soir. Les troubles de la mémoire s'accroissent avec le vieillissement, mais si ces difficultés impliquent que des ordonnances ne soient pas exécutées ou que le four reste allumé toute une nuit, il est grand temps de réfléchir ensemble à des solutions sécurisantes. L'affaiblissement de la réflexion, des difficultés croissantes à communiquer (verbalement et par écrit), une incapacité croissante à reconnaître des lieux, des personnes ou des horaires sont des symptômes préoccupants.

Des problèmes de santé à répétition

Des chutes répétées

Si un parent semble sujet à des chutes fréquentes (des contusions aux bras et aux jambes constituent des indicateurs), convainquez-le de subir un examen médical complet. De nombreuses maladies, ainsi que les médicaments par leurs effets secondaires, peuvent attenter à l'équilibre d'un individu et causer des chutes potentiellement dangereuses. Mis au courant, le médecin traitant peut alors doser différemment les médicaments, préconiser l'usage d'une canne, d'une aide mécanique à la marche, voire une assistance à domicile.

Des signes marqués de désintérêt

Il arrive à tout le monde de se sentir déprimé de temps à autre. Mais la volonté de rester isolé, la perte d'intérêt pour des activités autrefois pratiquées régulièrement, une apparence négligée, un caractère apathique avec des sautes d'humeur brutales doivent attirer l'attention des proches. La dépression peut être le signe de troubles de santé sérieux et une visite chez le médecin s'impose. Dans la plupart des cas, encourager la personne déprimée à sortir, à rencontrer des gens ou à mener des activités collectives peut avoir une issue positive. Une dépression persistante peut aussi signifier un abandon progressif de la volonté de vivre.

Une conduite automobile erratique

Les réflexes et l'acuité visuelle déclinent avec l'âge. S'il vous semble qu'un parent âgé ne peut plus conduire une voiture sans mettre en danger sa vie et celle d'autrui, mieux vaut une discussion franche avec lui. Expliquez qu'il ne s'agit pas de réduire son autonomie mais au contraire qu'elle peut être satisfaite par d'autres moyens. Etudiez les moyens de remplacement ensemble (taxi, transport en commun, covoiturage...).

Des comportements surprenants

Des altérations marquées de comportement comme l'abandon des habitudes religieuses, (ne plus aller à la messe...), ou des crises de colère irrationnelles, ou des négligences répétées dans l'entretien de la maison... auraient pu être l'occasion d'ouvrir un franc débat entre parents et enfants.

Comment en parler ?

S'il vous paraît qu'un parent voit son autonomie physique brusquement diminuée, comment en parler ? Vous craignez de l'humilier ? Vous avez peur aussi bien de provoquer un refus que de vous retrouver encombré d'un père ou d'une mère que vous n'avez pas le temps, ni même le désir d'assumer totalement ? Toutes ces hésitations ne peuvent être résolues que par un examen du genre de relation que vous et vos parents avez entretenue tout au long de votre vie.

Anticiper la perte d'autonomie

Rester à son domicile est un projet qui se prépare à l'avance. C'est dès la soixantaine, lorsque l'on a aucun souci de perte d'autonomie qu'il faut réfléchir et entreprendre les premiers aménagements de son domicile. Généralement, les finances et le mental sont encore au rendez-vous. Il ne s'agit pas de tout transformer, mais de modifier l'espace progressivement.

Réaménager son logement avant une baisse d'autonomie

Rester le plus longtemps possible chez soi, est un souhait largement partagé par les personnes âgées en perte d'autonomie. Pour cela, il faut inévitablement prendre les devants et réaménager son logement de sorte à mieux anticiper toute baisse d'autonomie.

Quels changements à prévoir en prévision d'une perte d'autonomie

En priorité, il faut prévenir les chutes, car c'est la principale cause d'arrivée en institution.
Ensuite, penser à rendre son logement accessible à un fauteuil roulant est important.

Cela conditionne de nombreux choix : entrée de plein pied, chambre au rez-de-chaussée, aménagement de la salle de bain, douche au détriment de la baignoire, étagères basses dont l'accès ne nécessite pas d'échelle ni de tabouret, etc.

Autre point primordial, entretenir les relations. En effet, rien ne remplace la présence humaine. Savoir qui contacter en cas de coup dur est essentiel. Il peut s'agir d'un membre de la famille, mais aussi d'un ami ou d'un voisin avec qui on entretient de bonnes relations au quotidien.

Au bout d'un moment, surtout lorsqu'on est affecté d'une maladie évolutive comme Alzheimer, vieillir chez soi devient difficile même lorsqu'on est accompagné d'un proche. Progressivement, la personne malade aura besoin d'une présence de jour comme de nuit, immobilisant l'entourage qui peut avoir tendance à se sentir impuissant et donc à culpabiliser. Dans ce genre de situation, le soutien à domicile (qu'il soit familial ou même professionnel) n'est plus forcément la meilleure solution ; elle n'est en tout cas pas la seule possibilité.

Malgré les différentes formes de soutien possibles, les accueils de jour, les hébergements temporaires ou encore les accueils de nuit, un décalage risque d'apparaître entre les besoins des personnes âgées et les moyens employés pour y répondre. En fonction de cela, un autre mode d'accompagnement peut s'avérer nécessaire. Préparer à l'avance une entrée en institution évite une séparation trop brutale et donne l'occasion à l'entourage de commencer à nouer une relation de confiance avec le personnel.

Bien choisir l'institution d'accueil et faire en sorte de recréer des repères pour la personne est très important. Les visites régulières de la part de l'entourage lui permettent de ne pas se sentir trop dépaysée voire abandonnée. Selon les institutions, il est possible d'aménager et de décorer la chambre, ajouter des tableaux, des photos des membres de la famille (assez grandes de préférence afin qu'elles soient bien visibles), quelques plantes ou fleurs...

Renouveler l'abonnement à un journal ou un magazine que la personne avait l'habitude de lire est souhaitable, ainsi que lui donner accès à la télévision ou à un lecteur audio. Tous ces éléments peuvent aussi favoriser la communication avec le personnel de l'établissement, peuvent être objets de discussions, ils favorisent les liens sociaux et affectifs et préservent les souvenirs.
Source : Contact n°83 de décembre 2007, « Le temps de l'entrée en institution », Judith Mollard

De plus en plus de départements souhaitent mettre en place des CLIC de niveau 3 avec un personnel compétent (accueil, coordinateur, experts : assistante sociale, ergothérapeuthe, infirmier, médecins etc.)

Pour en savoir plus : portail CLIC du ministère

La France se dote peu à peu de réseaux gérontologiques qui accompagnent et coordonnent les soins à la personne, voire de filières gériatriques et gérontologiques :  du domicile à l'établissement en passant par des urgences gériatriques adaptées. Ces filières n'existent pas encore partout.

C.D.
Février 2008

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