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Les chutes à domicile des séniors

Les accidents domestiques ne touchent pas que les plus jeunes. A chaque âge, ses problèmes. Chaque année, près d'une personne de plus de 65 ans sur trois (soit 2 millions de personnes) est victime d'une chute. La baisse de la vue, la perte d'équilibre, l'ostéoporose, les malaises, des problèmes cardiaques… sont autant de causes possibles de ces accidents à l'origine de 9000 morts chaque année.

Un adulte sur trois a plus de 60 ans. Passé cet âge, l'espérance de vie s'établit actuellement à 25,1 ans pour les femmes et 20,2 ans pour les hommes. Mais avec l'âge, le risque de chutes augmente et représente les deux tiers des décès par accidents chez les plus de 75 ans.
Plus en forme… mais avec quelques problèmes de santé
Les perspectives des retraités d'aujourd'hui n'ont rien en commun avec celles de leurs aînés. Les Français vivent de plus en plus vieux.

Espérance de vie

Selon l'INSEE, l'espérance de vie moyenne à la naissance ne cesse de croître et d'ici 2050, elle atteindrait 82 ans pour les hommes et 90 ans pour les femmes.
Les 25 ans dont les retraités disposent leur permettent désormais d'envisager des activités nombreuses et variées. L'âge biologique régresse, de même que l'âge psychologique : deux cinquantenaires sur trois se sentent moins âgés que leur état civil.
Parmi leurs loisirs, on note des activités domestiques : bricolage, jardinage, travaux ménagers, couture, etc. Et les voyages sont également au rendez-vous.
Néanmoins, des problèmes de santé apparaissent. Plus l'âge avance, plus les handicaps surviennent. Plus de 700 000 personnes âgées sont lourdement dépendantes. Un tiers des personnes seules âgées de 75 ans et plus ont des difficultés pour sortir de chez elles, la moitié pour monter un escalier.

Des chutes parfois graves

Plus de 2 millions de personnes de 65 ans chutent chaque année. Pas moins de 9 000 personnes décèdent suite à ces accidents, dont 8 000 chez les plus de 75 ans. Le plus souvent, ces chutes surviennent lors de la marche, d'activités ménagères, de jardinage ou tout simplement en se levant d'une chaise. La perte des réflexes, de la puissance musculaire, de la vue et parfois de l'équilibre peuvent favoriser ces accidents. Enfin, l'ostéoporose est à l'origine d'un risque de chute plus fréquent.
D'après les chiffres de l'Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé (INPES), 10 % des chutes provoquent une lésion traumatique (traumatismes crâniens, foulure…) et 5 % une fracture, en particulier celle du col du fémur. La perte osseuse progressive liée à l'ostéoporose entraîne un risque accru de fracture. Les femmes ménopausées sont particulièrement touchées du fait de la baisse de leur taux en estrogènes (ménopause).
En novembre 2001, une autre cause est avancée par une étude anglaise. Les chercheurs estiment que les seniors victimes de chutes récurrentes et inexpliquées pourraient en fait être victimes d'un problème cardiaque non diagnostiqué.
Cette condition appelée syndrome du sinus carotidien (CSS) entraîne des rythmes cardiaques et une pression artérielle très faibles. Si une pression est appliquée au niveau de l'artère carotidienne, le coeur peut momentanément s'arrêter et entraîner une syncope. Ainsi, les malades sont plus susceptibles d'évanouissement et de chutes. Puisque le CSS entraîne également des pertes de mémoire, la victime ne se rappellera pas la perte de connaissance avant la chute. Pour ces personnes, la pose d'un pacemaker permettrait de réduire ce type d'arythmies cardiaques.

Trois moyens simples de prévention

Maintenir une activité physique tout en gardant les plaisirs de la table permet d'entretenir ses muscles, sa motricité et sa souplesse et de prévenir certaines maladies comme l'ostéoporose ou l'affaiblissement du système immunitaire…
Dans la brochure éditée par le INPES, la prévention des chutes passe par trois moyens simples :

Adopter une alimentation saine et équilibrée

Les bénéfices d'une alimentation équilibrée permettent de maintenir une certaine autonomie de la personne âgée. Les objectifs doivent empêcher une dénutrition et une fonte musculaire. Les repas doivent être riches en calcium, en protéines, en glucides, en vitamines sans oublier de boire suffisamment.

Maintenir une activité physique

L'exercice physique permet de prévenir l'ostéoporose, les maladies du système cardiovasculaire, l'obésité, le diabète, le cancer du côlon et la mortalité. La moindre activité compte et l'on peut commencer à tout âge. Il est recommandé de faire au moins 30 minutes d'exercices d'intensité moyenne par jour (marche, natation, randonnée, vélo, étirements, monter l'escalier…)
Selon une étude épidémiologique, les personnes pratiquant un sport intensif comme le jogging, le tennis, le badminton ou l'athlétisme présentent moins de risque de fracture de la hanche. Des sports moins intensifs comme la voile ou la pêche semblent néanmoins avoir un effet très limité sur la santé des os. Attention cependant, chez les personnes âgées de telles recommandations pourraient avoir un effet inverse en augmentant le risque de chutes.

Aménager son habitat pour faciliter ses déplacements en toute sécurité

81% des chutes se produisent au domicile, dont 46% dans la salle de bains, 18% dans la salle de séjour et 17% dans la chambre. Des brochures éditées par l'INPES permettent de se poser les bonnes questions : la circulation est-elle facile dans chaque pièce?
Quels sont les revêtements de sol? Existe-t-il suffisamment de points d'appui dans votre maison ? Certaines affaires sont-elles rangées en hauteur ? L'éclairage est-il suffisant ? Le jardin est-il sûr ?

Chutes accidentelles : de quoi parle-t-on ?

On estime qu'environ un tiers des personnes de plus de 65 ans vivant à domicile sont victimes d'une chute chaque année. Ce risque est lié à l'âge et à des facteurs tels que l'état général, la sous-alimentation, l'inactivité, le nombre important de médicaments (appelé polymédication), ou certains médicaments : tranquillisants, sédatifs (dans la catégorie générale des psychotropes). Les chutes surviennent en majorité au cours d'activités habituelles au domicile qui, mal aménagé, peut devenir dangereux.

Quels sont les enjeux sanitaires ?

Même de petits accidents peuvent avoir des conséquences graves et limiter l'autonomie des personnes âgées. Chaque année, de nombreux décès de personnes de plus 65 ans sont imputables directement ou indirectement à une chute accidentelle. Ces chutes ont également un impact psychologique majeur en termes de confiance en soi et elles sont sources d'angoisse. En 2005, un groupe d'experts francophones (français, québécois, belges et suisses), coordonné par l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes), a réfléchi aux bonnes pratiques pour la prévention des chutes chez les personnes âgées. En 2008, l'Inpes en a rappelé les grands principes.

Comment réduire les risques au domicile ?

Supprimez les obstacles au sol pour éviter de trébucher : dégagez tous les lieux de passage de votre domicile. Dégagez en particulier les fils électriques, plantes vertes, petits meubles, jouets pour animaux et autres objets qui encombrent la trajectoire la plus courte entre les places les plus fréquentées de votre logement : chemin aux toilettes, du lit aux toilettes, du lit au fauteuil, du fauteuil à la télévision, à la cuisine et à la porte d'entrée. Fixez les fils électriques au mur ou utilisez des range-fils. Au sol, la moquette est le revêtement qui présente le moins de risques : elle ne glisse pas. Mais pas de tapis par-dessus : ils créent des obstacles. En revanche, les tapis munis d'antidérapants permettent de recouvrir les surfaces glissantes (carrelage, parquet, linoléum). Les chutes se produisent très souvent dans la salle de bains. Posez des antidérapants pour les douches et les baignoires. Veillez à ce que les coins des tapis ne se relèvent pas, au besoin fixez-les au sol, y compris les tapis de douche. Au jardin, faites attention aux tuyaux d'arrosage et aux outils mal rangés.

Le rangement ergonomique

Limitez les tâches en hauteur : organisez vos rangements pour que les objets que vous utilisez le plus souvent (ustensiles, vêtements…) soient placés à portée de main. Ne montez pas sur les tabourets, utilisez plutôt un escabeau stable auquel vous pouvez vous accrocher, par exemple un escabeau d'une hauteur limitée à deux ou trois marches avec un appui pour les mains. Arrangez-vous pour déléguer les activités en hauteur (changement d'ampoules électriques au plafonnier) aux personnes qui viennent vous visiter ou à vos proches.

L'éclairage généreux et économe

Ayez un logement bien éclairé pour éviter les zones d'ombre. Mieux vaut plusieurs éclairages indirects qu'un éclairage unique (plafonnier). Vous pouvez utiliser des ampoules de 75 ou 100 W car la puissance des ampoules influe peu sur la facture d'électricité. De plus, il existe des ampoules « basse consommation ». Pensez à allumer systématiquement la lumière dans les escaliers. Disposez un interrupteur facile à atteindre près de chaque porte. Le mieux est un allumage par détecteur de présence.

Les points d'appui et l'art de se relever

Dotez la maison de points d'appui pour vous accrocher : barres d'appui, en particulier dans la salle de bains, et rampes d'escaliers, même pour quelques marches. Apprenez à vous relever en cas de chute. Basculez d'abord sur le côté, puis mettez-vous à quatre pattes. Ensuite prenez appui sur quelque chose de stable pour vous remettre debout. Si vous vivez seul, entraînez-vous à le faire avec l'aide d'une autre personne.

Faut-il recourir à la téléassistance ?

L'installation d'un système de téléassistance permet d'appeler du secours 24 heures sur 24. Mais ces services ont un coût à bien peser. Vous pouvez en revanche faire installer plusieurs prises téléphoniques et téléphones afin de n'être jamais loin d'un appareil partout dans votre logement.

Fracture du col du fémur

Rappels anatomiques :

Le fémur, c'est à dire l'os de la cuisse, s'articule d'une part avec le tibia et le péroné au niveau du genou, et d'autre part avec le bassin. C'est la forme particulière de cette extrémité supérieure qui explique sa fragilité : le corps de l'os est en effet relié à la tête fémorale par un col beaucoup plus fin.
C'est à ce niveau que le risque de fracture est maximal, car la zone est particulièrement fragile. C'est spécifiquement le cas des femmes après la ménopause, car les hormones féminines désormais manquantes ne peuvent plus stimuler les os. Lorsque leur production chute, la fragilité du col augmente.
Les causes de fracture dépendent de l'âge du sujet. Chez les jeunes, il s'agit plus souvent d'accidents de voiture, d'une chute d'un lieu élevé ou encore d'accidents de sport.
Pour les personnes âgées, en revanche, une simple chute de sa hauteur peut suffire. La fracture provoque une douleur intense au niveau de la hanche, et même une simple palpation fait mal. Dans ce cas, il est impossible de relever la jambe et donc de marcher.

Des prothèses au secours des malades

Il existe deux manières de soigner une fracture du col du fémur, déterminées en fonction de l'âge du patient et de la gravité de la fracture. Le traitement peut être chirurgical ou orthopédique. Dans ce dernier cas, la jambe concernée est immobilisée et le malade ne doit pas prendre appui dessus pendant trois à six mois.
Plusieurs types d'opérations chirurgicales sont également possibles :
L'arthroplastie, autrement dit la prothèse de hanche, totale ou partielle, est privilégiée chez les personnes âgées. La prothèse est composée d'une tige implantée dans le fémur, d'un col et de la tête qui va s'articuler avec le bassin. La prothèse remplace donc la partie de l'os qui est abîmée. Les matériaux utilisés sont le polyéthylène ou la céramique, et le choix de la prothèse se fait en fonction de l'activité du patient.
L'ostéosynthèse est une méthode chirurgicale recommandée pour les personnes qui mènent une vie active ou dont le pronostic est bon. Un long clou et des vis sont posés afin de stabiliser la fracture.

Après l'opération du col du fémur :

Le col fémoral étant une zone assez mal vascularisée, la consolidation de l'os est difficile, car il n'a pas beaucoup d'oxygène. Si l'évolution est bonne, il faut compter entre trois et six mois pour une consolidation correcte. Dans le cas contraire et à partir du sixième mois, on parle de pseudarthrose.
La nécrose aseptique est une autre complication qui peut également compromettre les suites de la fracture. Elle entraîne une destruction progressive de la tête fémorale et peut survenir dans les deux ans qui suivent la fracture.
D'autres mesures plus pratiques font aussi partie de la prise en charge chez les personnes âgées qui ont une prothèse. La rééducation est certes importante mais ne suffit pas : le domicile doit être lui aussi adapté, en proscrivant les tapis dans lesquels on se prend les pieds, en optant pour un tapis antidérapant dans la baignoire ou encore pour une lumière suffisante pour les déplacements nocturnes. Il faut également stimuler les déplacements et les relations sociales afin d'entretenir la vitalité de la personne âgée.

Charles Decock
28/08/2010
Source : www.seniorplanet.com, Thierry Billoir, www.bonjour-docteur.com

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